
Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir.
Doit-il monter avec sa mère... ou rester avec son père ?
Une multitude de vies possibles découlent de ce choix.
Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible.
Toutes les vies méritent d'être vécues.
Titre original : Mr. Nobody
Titre Français : Mr. Nobody
Genre : Fantastique
Durée : 02 heures et 17 minutes
Réalisé par : Jaco Van Dormael
Ecrit par : Jaco Van Dormael, Harold P. Manning
Distributeur : Pathé Distribution
Musique : Pierre Van Dormael
Langue originale : Anglais
Année de production : 2007
Pays de tournage: Belgique, Canada, Allemagne
Dates de tournage : Du 04 juin au 17 décembre 2007
Première sortie en salles : France : 13 janvier 2010
Jared Leto ... Nemo Nobody
Linh-Dan Pham ... Jeanne, la première épouse de Nemo
Sarah Polley ... Elise, la deuxième épouse de Nemo
Diane Kruger ... Anna, la troisième épouse de Nemo
Rhys Ifans ... Le père de Nemo
Natasha Little ... La mère de Nemo
Toby Regbo ... Nemo à 16 ans
Juno Temple ... Anna à 16 ans
Clara Stone ... Elise à 16 ans
Thomas Byrne ... Nemo à 9 ans
à venir
Connaissiez-vous le travail de Jaco Van Dormael avant de tourner avec lui ?
Pour être honnête, je ne connaissais pas son nom. Mais à sa sortie, j'avais beaucoup aimé Toto Le Héros. Le scénario m'avait touché et j'avais l'impression que les comédiens me prenaient par la main pour m'entraîner dans un rêve.
Comment êtes-vous arrivée sur ce film ?
Je suis venue un peu par hasard sur ce projet. C'est quelqu'un d'autre qui devait tenir le rôle et ne l'a finalement pas fait. Dans le but de me convaincre, j'ai eu la chance qu'on me fasse découvrir un premier montage des scènes tournées avec mon personnage et celui de Jared, enfant. C'était absolument sublime. Et le lendemain, je suis partie voir Jaco en Belgique. A chaque première rencontre avec un metteur en scène, j'essaie de m'habiller comme le personnage pourrait l'être. J'ai choisi de mettre une robe rouge. Quand je suis arrivée, Jaco est resté bouche bée. J'étais, sans le savoir, habillée comme Anna de la couleur rouge, code visuel de tout son univers. Ça a été le début de l'aventure.
Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ?
En le lisant, je n'en revenais pas de ma bonne étoile. C'était une très belle proposition. Car même si ce scénario n'est pas simple à lire car extrêmement riche, j'ai tout de suite pensé aux émotions ressenties devant Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry. Tout ce questionnement autour des choix auxquels on est tous à un moment confronté dans nos vies. Et puis je trouvais que le personnage d'Anna était le plus poétique, celui auquel on a envie de s'identifier.
Comment définiriez-vous votre rôle ?
Anna est à mes yeux le personnage le plus entier de tous. Dans chacune de ses vies du film, elle va au bout des choses. Elle se marie ainsi avec un homme et tient jusqu'au bout sa promesse de ne jamais tomber amoureuse de quelqu'un d'autre. C'est un peu la femme que je rêverais d'être...
Comment avez-vous préparé ce film ?
Évidemment, Jaco m'a beaucoup parlé de la manière dont il voyait ce personnage. Mais ce sont les costumes et surtout le fait d'être brune qui m'ont aidé à devenir Anna. L'univers de chaque personnage est défini avec une précision rare chez Jaco. Cette Anna est tellement éloignée de ce que je suis dans la vie, qu'étrangement ce fut assez évident de me fondre dans le personnage.
Racontez-nous Jaco sur le plateau...
Un metteur en scène a souvent un regard de désir pour son actrice. Jaco, lui, aime ses personnages. Il est amoureux, dans le sens le plus pur du terme. Il a écrit ce scénario depuis dix ans donc il connait sur le bout des doigts chaque détail intime de chaque personnage. Il a vécu avec chacun d'eux. Sur le plateau, il m'a vraiment regardé, il a vraiment regardé Anna. Il a intégré toutes les idées que j'ai pu avoir sur ce personnage, très naturellement, et il a su trouver les mots-clés pour débloquer une situation ou une scène difficile.
Comment avez-vous vécu ce tournage ?
L'ambiance était super joyeuse. J'ai déjà connu beaucoup de plateaux extrêmement sympathiques, mais là, il y avait un côté familial inédit pour moi. Jaco connaissait la plupart des techniciens depuis des années. Et, sur toute la durée du tournage, je n'ai jamais eu l'impression de travailler. D'ailleurs, même lorsque je ne tournais pas, j'allais sur le plateau voir les autres simplement pour passer un bon moment avec eux.
Quelle scène redoutiez-vous le plus ?
Jouer des scènes romantiques est toujours complexe. C'est facile de rentrer dans le cliché. D'autant plus que celles que vit Anna sont toujours extrêmes : dans la déchirure ou dans les retrouvailles. Il fallait prendre garde de ne pas en faire trop. C'est ce qui m'inquiétait le plus...
Si vous aviez une image à retenir de toute cette aventure, quelle serait-elle ?
Parmi tous les beaux moments que j'ai vécus, le plus inoubliable pour moi restera ma dernière journée de tournage. Sarah et Linh-Dan avaient déjà terminé. Jared allait encore continuer dix jours et j'étais la dernière actrice à partir. Jaco pleurait et Philippe (Godeau) était hyper triste... C'était émouvant et gravé depuis dans ma mémoire.
Une absence de 13 ans
Nous n'avions pas vu Jaco van Dormael à l'oeuvre depuis Le Huitième jour sorti sur les écrans en 1996. Le réalisateur s'est entre temps consacré à l'enseignement et l'écriture de ce nouveau film. Jaco van Dormael : "Au final, le scénario m'a pris sept ans, tous les jours, de 10h à 15h30, heure à laquelle finissait l'école de mes enfants."
L'infinité des possibilités
Jaco revient sur la genèse du film et explique comment son idée de départ a évoluée : "J'ai pris comme point de départ un court métrage de douze minutes que j'avais réalisé en 1982 : E pericoloso sporgersi. Un gamin court derrière un train avec deux choix possibles : partir avec sa mère ou avec son père. A partir de là, on suit les deux avenirs possibles. J'ai entamé une première version basée sur le fait qu'une femme prenne ou ne prenne pas un train. Et puis Pile et face de Peter Howitt est sorti, suivi de Lola rennt de Tom Tykwer. J'ai dû chercher autre chose. Et c'est là que je me suis rendu compte que je ne cherchais pas à raconter quelque chose de binaire mais que j'étais avant tout intéressé par la multiplicité et la complexité des choix. Quand on doit faire un choix, il n'y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. C'est une arborescence. Avec ce scénario, j'avais envie de faire sentir ce gouffre né de l'infinité des possibilités."
Présenté et récompensé à la Mostra de Venise
Le film a été sélectionné à la 66ème Mostra de Venise où il a gagné le prix de la meilleure contribution technique et artistique en distinguant le travail sur les décors de Sylvie Olive.
Représenter différentes vies
Le directeur de la photographie Christophe Beaucarne compte plus de 30 films à son actif passant de films comme Les Anges gardiens jusqu'à Peindre ou faire l'amour. Pour les besoins de Mr. Nobody , lui et Jaco van Dormael ont beaucoup travaillé sur les images afin de rendre des styles visuels varié et ainsi offrir une perception différentes du personnage principal et ses différentes vies : "J'ai voulu donner à chaque vie de Mr. Nobody une grammaire différente," explique le réalisateur. "Et utiliser la caméra de manière spécifique pour que dès le premier plan d'une scène, on sache dans quelle vie on est. La vie avec Anna (Diane Kruger) est filmée comme l'adolescence : je reprenais avec Nemo et Anna adultes les mises en place que j'avais faites avec les adolescents, pour que les deux charges amoureuses fusionnent à l'écran. La vie avec élise (Sarah Polley) joue sur la distance entre elle et Nemo, avec un des deux personnages flous, et une caméra à l'épaule, réaliste. La vie avec Jeanne (Linh-Dan Pham) joue sur le hors champ. Les pieds entrent dans l'image avant le visage. L'essentiel est toujours hors du cadre, comme si on n'y prêtait pas attention. La vie de l'adolescent dans le coma est entièrement floue. La vie du veuf est faite de mouvements de caméraindépendants, contemplatifs, sans rapport avec les mouvements du personnage. La vie de "celui-qui-n'est-jamais-né" est en aplat, irréelle, tout y est net."
Une équipe "Recherche et développement" au montage
Outre les deux monteurs principaux, le cinéaste a souhaité créer une équipe Recherche et développement de jeunes monteurs afin de les aider à percer dans ce métier. L'objectif étant de leur donner quelques séquences à monter afin d'aller au bout de la matière et connaître toutes les possibilités de montage. En tout, le montage du film aura duré près d'un an.
Un tournage ambitieux
Il s'agit de l'un des projets européenes les plus ambitieux de ces dernières années. Le film a coûté plus de 33 millions d'euros et a demandé 6 mois de tournage entre la Belgique, le Canada et l'Allemagne. Il bénéficie d'un casting international avec des acteurs comme Jared Leto ,Sarah Polley , Linh-Dan Pham , Diane Kruger.
Rencontre
La première rencontre entre Jaco van Dormael et Jared Leto a eu lieu à Utrecht au Pays-Bas. Jared Leto y donnait alors un de ses concerts.
Transformation
L'acteur Jared Leto est un adepte des transformations physiques dans ses films. Si certaines scènes le présente ainsi en vieillard, dans Chapitre 27, où il incarnait l'assassin de John Lennon, il avait alors pris 28 kg pour le rôle.
Deux frères
C'est Pierre Van Dormael, le frère de Jaco, qui a composé la musique du film, comme pour chacun des précédents longs métrages du réalisateur.
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